Le nouveau président de La Coopération agricole, Jean-Luc Duval, appelle à « lever les verrous de l’investissement public et privé » pour aider les coopératives françaises à investir et se moderniser notamment pour faire face aux transitions. Selon lui, 30 milliards d’euros supplémentaires sont nécessaires d’ici 2035.
L’été caniculaire inédit de l’année 2026 va laisser des traces au-delà des exploitations agricoles. « Près de 80 % des coopératives nous ont répondu avoir eu des répercussions sur leur activité. Certaines usines ont dû fermer, car touchées directement par les chutes de production agricole. Il y aura des pertes de résultats dans les mois à venir », a prévenu Florence Pradier, la directrice générale de La Coopération agricole, le 1er septembre, rappelant que l’agroalimentaire français affiche déjà des marges inférieures au reste de l’industrie manufacturière française.
Pour La Coopération agricole « cela suppose d’adapter les contrats et prendre en compte des revalorisations tarifaires immédiates avec les clients des GMS et de la restauration ». « Si l’on veut continuer à se nourrir français, il va falloir que l’alimentation retrouve une valeur digne de ce nom et que cette valeur soit répercutée tout au long de la chaîne alimentaire », a insisté Jean-Luc Duval, le nouveau président La Coopération agricole.
Face aux enjeux, il y a une urgence immédiate, mais aussi un temps long de la sécurisation des filières, estime le mouvement. « Il faut continuer à investir pour sécuriser et adapter les outils sur le long terme », a poursuivi Florence Pradier, rappelant les besoins d’investissements massifs du secteur. Selon la fédération, 3,5 milliards d’euros sont investis annuellement par les coopératives, dont 80 % alloués à la compétitivité et aux transitions. « Pour arriver à mener les transitions nécessaires rendus visibles par le choc de cet été, il faudrait le double de qu’elles font déjà. Cela amène à 30 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2035 » a affirmé la directrice générale de La Coopération agricole.
« Un vrai plan d'investissement Souveraineté Alimentaire pour transformer les filières d'ici 2035 est nécessaire. On a un vrai problème de dons propres aujourd'hui », ajoute Jean-Luc Duval appelant l’État, les régions et les banques « à lever les verrous de l’investissement public et privé ».
Un fonds coopératif de 300 millions d’euros avait été annoncé il y a tout juste un an par La Coopération agricole à destination des coopératives. « Nous sommes en phase de discussion avec la Banque des territoires et également des coopératives de grande taille notamment pour une levée de fonds afin d’atteindre l’objectif. Mais l’été que nous avons vécu n’est pas porteur pour convaincre », a expliqué Jean-Luc Duval.
Adrien Cahuzac