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Le convoyage, un réservoir de valeur à exploiter

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Longtemps cantonné au transfert de produits d’une machine à une autre et sous exploité dans les plans d’amélioration du rendement des lignes, le convoyage sort du rôle de figurant pour devenir acteur de la création de valeur dans les processus de production. Un changement porté, tant par le développement des équipements connectés, que par l’arrivée sur les lignes d’emballages écoconçus.

Vincent Crochemore, directeur d’ITP convoyeurs, et Cyril Touchet, directeur des ventes de FEMAAG, nous livrent leurs visions respectives des nouvelles opportunités à saisir concernant la manutention en continu sur les lignes agroalimentaires.

« Aujourd’hui, un convoyeur peut faire bien plus que relier deux machines », affirme Vincent Crochemore. « Nous pouvons utiliser la phase de transit pour ajouter des fonctions qui créent de la valeur comme le comptage, la mise en référence, l’éjection ou encore le respect du FIFO. Cela peut aller très loin et je crois que les industriels n’ont pas tous conscience de l’étendue des possibilités qui s’offrent à eux. Il est également possible de travailler sur le convoyage pour augmenter le TRS des lignes, notamment avec des solutions d’accumulation élaborées. »

« Le travail que les industriels mènent sur les emballages a des répercussions importantes sur la manière dont les produits doivent être transférés d’un poste à un autre et manipulés en entrée de machine ; les technologies standards ne répondent pas de manière satisfaisante aux nouveaux besoins », ajoute Cyril Touchet. « Nous voyons la réduction des frottements, voire l’absence de contact, comme une nécessité pour préserver les emballages et limiter les arrêts. Cela vaut aussi bien pour des contenants en plastique allégés que pour des contenants en verre. »

Trouver des solutions pour réduire le nombre de micro-arrêts sur les lignes, stocker temporairement des produits ou redonner de la capacité à un outil saturé, le tout à haute cadence et dans un environnement très contraint en matière d’espace est le quotidien des spécialistes de la manutention en continu. Sur la question de l’accumulation, chacun a son approche.

Vincent Crochemore note que « les demandes pour des zones d’accumulation se développent, tout comme les solutions pour y répondre. L’accumulation est une solution d’optimisation du rendement des lignes parmi beaucoup d’autres ; c’est l’étude des machines, des flux et de l’environnement qui dira si elle est pertinente. C’est également une solution compatible avec les emballages fragiles, qui seront accumulés en travaillant sur les volumes et les masses pour réduire la pression. Pour des stocks tampon limités et des produits à forte valeur ajoutée, on pourra choisir d’intégrer des tables d’accumulation dynamique sur lesquelles les produits ne se touchent pas. Et en fin de ligne, en amont d’un palettiseur par exemple, on pourra effectuer la rétention des produits en utilisant des tapis avec galets ».

Pour Cyril Touchet, « le meilleur moyen d’éviter les contacts entre les produits est d’utiliser le convoyage unifilaire. Ce principe a été abandonné pour des questions d’encombrement mais il existe aujourd’hui des solutions pour le réintroduire sur des lignes à hautes cadences tout en restant extrêmement compact. Et, pour réduire les arrêts, il est essentiel de travailler au niveau de l’entrée des machines. C’est souvent à cet endroit que les blocages apparaissent et les constructeurs sont actuellement limités dans les solutions qu’ils peuvent proposer. Là encore, il y a des alternatives qui peuvent s’interfacer avec les machines de conditionnement pour permettre de s’affranchir de bon nombre de zones d’accumulation ».

Nos deux contributeurs s’accordent néanmoins sur l’importance de bien comprendre l’origine des problèmes et de partir des contraintes de chaque ligne pour dimensionner correctement les solutions à apporter. Ils insistent également sur l’importance de la communication entre les équipements de manutention et les machines, qui permet à l’ensemble de travailler en symbiose pour mieux réguler les flux.

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