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Les récoltes en baisse vont compliquer les approvisionnements des industriels

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Sous l’effet des épisodes de canicule et de la sécheresse inédite de l’été 2026, les productions de blé, maïs, pommes de terre, pois et carottes notamment, sont en forte baisse. Elles devraient entraîner des hausses de prix et des difficultés d’approvisionnement pour les industriels.

 

Les achats des matières premières agricoles vont être compliqués pour les industriels dans les mois qui viennent. Des hausses de prix et des pénuries sont à attendre. En cause : les récoltes agricoles annoncées comme catastrophiques, en raison d’une succession inédite d'épisodes de canicule et de sécheresse cet été.

Argus Media France, le cabinet spécialisé sur les marchés agricoles, évalue la récolte de blé tendre à 30,8 Mt, en recul de 7,6 % sur un an. « C'est la 4ème  moins bonne production depuis 20 ans, commente Gautier Le Molgat, directeur général d’Argus Media France. Si le tonnage obtenu devrait permettre de répondre aux industriels français, reste à savoir à quel prix se vendra la tonne ! Avec des exportations russes et ukrainiennes ralenties, chaque nouvelle perturbation pourrait rapidement accentuer les tensions et la volatilité des prix. » Selon Argus Media France, le prix du blé a ainsi augmenté de 15  % depuis juin. Il est passé de 195 € la tonne de grains à 235 €. « Néanmoins, il n’a pas atteint les 440 €, comme en 2022. Mais dans tous les cas il ne devrait pas redescendre au prix d’il y a six mois », estime Gautier Le Molgat.

Des records de baisse

La production de maïs est en également en baisse. L’AGPM annonce que la production française de maïs grain pourrait tomber à 7,5 millions de tonnes en 2026, contre une moyenne de 13,4 millions de tonnes sur les cinq dernières années. Une chute de près de 45 %, qui ferait de cette récolte l'une des plus faibles observées depuis la seconde moitié du XXème siècle. « Dans ce contexte, la substitution du maïs par le blé dans l’alimentation animale devrait être poussée au maximum », prévient Gautier Le Molgat.

De son côté, l’UNPT s’attend à un rendement moyen national en pommes de terre de consommation d’environ 37,4 t/ha, contre 43,5 t/ha en 2025 (-14 %). Il s’agirait du plus faible rendement observé depuis plus de 30 ans, après l’épisode déjà historique de 2022. Ce choc intervient alors que les producteurs avaient réduit leurs surfaces après la surproduction de 2025. La combinaison des deux facteurs entrainerait une baisse massive de la production française de l’ordre de 23 % en un an, soit près de 2 millions de tonnes de pommes de terre de consommation en moins qu’en 2025.

Pour le sucre, même si la situation peut être hétérogène en fonction des zones géographiques, les derniers prélèvements réalisés mi-août par les équipes de Tereos indiquent que les rendements sont, à fin août, en retrait de plus de 20 % par rapport à la campagne précédente (jusqu’à 50-60 % sur certains territoires), et de 15 % sur la moyenne des cinq dernières campagnes. La coopérative envisage un report des dates de démarrage des usines afin de récolter les betteraves au moment le plus favorable pour améliorer les rendements.

Autres exemples, les récoltes pour les pois-carottes sont en baisse de 23 à 24 % et de 15 % pour le maïs doux, a indiqué de son côté Bonduelle, fin août.

Des bilans en baisse d’autres matières premières agricoles vont certainement compléter la liste dans les semaines qui viennent, notamment dans les fruits. Pas de quoi arranger les affaires des transformateurs français

Sylvie Richard

 

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