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Les leviers d’attractivité des métiers du grain

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De la souveraineté alimentaire à l’essor des protéines végétales, la filière grains a tout pour redevenir désirable et attirer les talents.

La filière du grain est à l’origine de l’alimentation française avec une exigence quotidienne dédiée à la qualité, la traçabilité et à la continuité d’approvisionnement. Pourtant, son attractivité patine. Non parce que les métiers manqueraient d’intérêt, mais par manque de visibilité.

Transmettre et intéresser les jeunes

Premier mouvement : promouvoir l’utilité de la filière. Transformer une récolte française, au rythme des moissons, pour nourrir le pays, c’est un mandat clair qui parle aux candidats en quête de sens. Deuxième mouvement : sécuriser les savoirs et fluidifier les mobilités. C’est tout le sens du repositionnement de l’AEMIC* en réseau des filières céréalières. Comme le souligne son président Olivier Duvernoy, « pour s’en sortir sur l’emploi, il faut raisonner filière et mobilité ; la formation continue est la clé pour conserver l’expertise ». Concrètement : multiplier les passerelles amontaval, encourager les voies de communication entre sites de production / école / interprofession, outiller la transmission quand les rotations s’accélèrent, et considérer la scène internationale ou les filières voisines comme des viviers naturels plutôt que comme des destinations concurrentes.

Troisième mouvement : parler aux nouvelles générations. Le choix d’Élodie Vittoz (responsable R&D de Caps Vert) illustre ce que recherche la nouvelle génération : « j’ai opté pour la filière blé par goût du concret et contribuer à mesurer l’impact des pratiques culturales sur le sol et le climat. » Cette approche attire des talents qui veulent rester au plus près de la ressource agricole et contribuer à sa préservation. Elle ouvre aussi la porte à des compétences hybrides agro-data/IT, capables de concevoir des outils d’évaluation des pratiques et de traçabilité, pilotés par des algorithmes et nourris par les données de terrain. Ces spécialistes accélèrent la modernisation des sites et élargissent le vivier, au-delà des métiers historiques.

Moderniser l’existant

Pour Jérôme Condamy, directeur général de Terres Bocage Gâtinais, tout commence par un discours de vérité : périodes de moisson à forte amplitude et cadre exigeant, certes, mais métier vivant, ancré localement dont la survie doit passer par une modernisation de fond : « le terrain compte, mais les outils doivent suivre ». Ses besoins immédiats portent donc autant sur les métiers SI que sur l’exploitation. Le principal enjeu est de reprendre les applicatifs obsolètes existants,  assainir les données, sécuriser les migrations, tout en renforçant la supply chain pour fiabiliser les flux et optimiser la rentabilité.

Répondre aux enjeux de société

À cette modernisation opérationnelle, s’ajoutent également des attentes sociétales qui redessinent les compétences recherchées. L’essor des protéines végétales (pois, féverole…) entraîne des besoins concrets en formulation, avec plus d’interfaces entre coopératives et industriels. La réduction des intrants et la préservation des sols appellent des profils capables de déployer des outils d’aide à la décision et de valoriser les pratiques culturales. Enfin, la maîtrise des ressources énergétiques renforce la demande en expertise énergie, process et data analyst. L’attractivité des métiers du grain se gagne en trois temps : promouvoir son utilité, valoriser les projets stratégiques et ouvrir les viviers candidats. Quand ces trois lignes avancent ensemble, la filière cesse d’être discrète : elle redevient désirable.

* L’Association des anciens élèves des écoles des métiers des industries céréalières.

PAR GUÄLORD GUILBERT, CONSULTANT SENIOR ET ASSOCIÉ CHEZ MANAGERIA

 

3 atouts d'attractivité de la filière céréalière 

1 - Une souveraineté à soutenir : 53 % de la production française en blé
tendre est consommée en France en 2023-2024.
2 - Des projets à enjeux : 100 M€ prévus par le plan de relance du
gouvernement pour doubler les surfaces dédiées à la production de protéine
végétales d’ici 2030.
3 - Un vivier élargi : aujourd’hui, la meunerie compte plus de 220 métiers
différents.

 


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